Alcool : Alcoolisme

L’alcoolisme est une notion assez complexe puisque la dépendance peut s’établir aussi bien au niveau psychologique que physique.

La dépendance physique est assez simple à repérer. Elle se traduit par des symptômes de sevrage, de « manque » lorsque le sujet n’est plus assez alcoolisé (tremblements, nausées, sueurs…). C’est bien le manque d’alcool et non l’alcool lui-même qui provoque ces symptômes. Cela peut s’expliquer par la théorie membranaire : lors des alcoolisations, les échanges entre le milieu intra et extra-cellulaire sont facilités, une sensation de bien-être se diffuse. Mais au fur et à mesure des alcoolisations, les cellules vont elles-mêmes réclamer ce « carburant » et en réclamer même davantage pour le même rendement (c’est le phénomène de « tolérance »). A un certain stade, qui diffère selon chaque individu, les cellules ne pourront plus fonctionner sans alcool. Lorsqu’elles en seront privées (si la personne tente d’arrêter d’elle-même ou même après une nuit de sommeil où elle n’aura pas pu ingérer de l’alcool), les cellules se grippent comme un moteur privé d’huile. Les échanges sont bloqués et les symptômes de sevrage apparaissent. Seuls l’ingestion d’alcool peut les faire disparaître : cela explique pourquoi certaines personnes consomment dès le matin. On comprend bien que l’alcoolisme n’est pas un vice, mais une maladie et que la volonté seule ne peut venir à bout de ce mécanisme.

La dépendance psychologique est plus délicate à définir, ses répercussions sont très vastes. Le sujet a perdu le contrôle de sa consommation qu’il a souvent tendance à cacher à ses proches. Il consacre beaucoup d’énergie et de temps à se procurer de l’alcool, ce qui le conduit à abandonner ou réduire ses activités sociales et professionnelles.  La dépendance psychologique se met en place de façon insidieuse et peut déjà être présente avant même l’apparition de telles répercussions.

Un sevrage physique prend 8 à 10 jours. Une hospitalisation est fortement conseillée. En effet, des accidents de sevrage peuvent survenir : l’alcool est la seule drogue dont on peut mourir en se sevrant seul. Il est donc nécessaire d’être encadré par une structure adéquate. Le « sevrage » psychologique est beaucoup plus long. Un bon suivi permettra la mise en place de stratégies pour faire face aux problèmes et questionnements consécutifs à l’arrêt d’alcool.

Un suivi est donc nécessaire, qu’il soit mené au sein d’un service hospitalier spécialisé en addictologie ou d’un CSAPA (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) ou encore chez un médecin généraliste ou un alcoologue libéral.

Pour plus de détails, n’hésitez pas à nous solliciter ou à consulter les sites de l’ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie), de la MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) ou de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation à la santé).