Alcool : Sensibilité individuelle

Nous sommes tous inégaux face à l’alcool. A consommation égale, un sujet pourra développer une dépendance et un autre non. Boire « comme tout le monde » ne veut donc rien dire.

Cette inégalité varie en fonction du poids, de la taille, du sexe, mais aussi du patrimoine génétique.

La concentration d’alcool dans le sang dépend de la quantité de liquide contenu dans l’organisme. En règle générale, le corps des personnes plus lourdes a une teneur en eau plus importante et donc un taux d’alcool moindre pour la même quantité d’alcool consommée.

Les femmes sont plus sensibles à l’alcool que les hommes. A âge, poids et quantité d’alcool égaux, l’alcoolémie d’une femme sera supérieure à celle d’un homme. Le corps d’une femme comporte en moyenne davantage de tissus adipeux et moins de liquide que celui d’un homme. L’alcool étant plus facilement soluble dans l’eau que dans la graisse, il se diffuse avant tout dans le liquide corporel. Par ailleurs, les femmes disposent d’une quantité moindre d’enzymes contribuant à  l’élimination.

Par ailleurs, la capacité d’élimination de l’alcool par les enzymes varie d’une population et d’un individu à l’autre,  les différences étant déterminées génétiquement. De nombreux asiatiques possèdent à cet égard un système atypique, que l’on retrouve également chez certains individus dans d’autres populations. L’organisme des personnes possédant ce système atypique réagit très violemment à la consommation d’alcool : dilatation des vaisseaux, maux de tête, nausées, somnolence, des palpitations, accélération du rythme cardiaque. Cette réaction est appelée flush-syndrom (to flush = enflammer, rougir).

Certains médicaments ou certaines maladies peuvent également amplifier les effets de l’alcool. A l’inverse, l’alcool peut aussi atténuer l’efficacité ou gêner l’élimination de certains médicaments.

Enfin, il existe une certaine « héritabilité » génétique quant à la sensibilité à l’alcool : un enfant de parent dépendant à l’alcool aura plus de risque de présenter à son tour des problèmes d’alcool. Cela est loin d’être une fatalité, mais cette personne devra être d’autant plus vigilante, surtout si elle évolue dans un milieu favorable aux alcoolisations.

Attention ! « Tenir » l’alcool n’est pas bon signe : cela signifie que les cellules du corps s’habituent au produit et ont besoin d’une plus grande quantité pour obtenir le même effet qu’auparavant… C’est un des signes de la dépendance physique.