Alcool : Types de consommation

Comme nous l’avons vu, la recherche des effets psychotropes de l’alcool en dit long sur le stade de dépendance au produit.

On peut distinguer trois types de consommation, de la moins risquée à la plus risquée :

La zone verte est considérée sans danger. Boire occasionnellement, ne pas dépasser les normes de l’OMS , boire par plaisir, par petites gorgées, jamais pour rechercher l’effet et avoir conscience des dangers que représente l’alcool permettent de se situer dans cette zone. Il est assez rare de ne boire que par plaisir, jamais pour la recherche de l’effet… On voit donc que l’on peut facilement sortir de cette zone.

La zone orange représente le consommation « à risque » (aucune conséquence n’est encore présente), voire « excessive » (il existe déjà une ou des conséquences négatives du fait de la consommation d’alcool : problèmes somatiques, conjugaux, familiaux, judiciaires…). On atteint cette zone lorsque l’on boit en trop grande quantité et/ou qu’on utilise l’alcool pour son effet psychotrope. Le contrôle est encore possible : on peut diminuer la quantité et arrêter d’avoir recours à l’alcool comme médicament.

La zone rouge est atteinte lorsqu’il y a perte durable du contrôle de la consommation et que l’alcool n’est plus un plaisir, mais un besoin. On peut se trouver de « bonnes raisons de boire », se cacher de ce piège dans lequel on est tombé en se persuadant de boire « normalement », « comme tout le monde ».

Quant au binge drinking, il peut se situer dans la zone orange ou rouge. Il s’agit d’un phénomène assez spécifique au milieu étudiant qui se caractérise par  une consommation  d’alcool excessive et intensive où l’on recherche une ivresse rapide. Il est pratiqué surtout en fin de semaine sans consommation entre les épisodes. Il est à l’origine de graves complications sociales et judiciaires (violence, agressions, actes de délinquance), physiques (accidents, comportements sexuels à risques, coma hépatique pouvant aller jusqu’à la mort…) et psychologiques (risques suicidaires augmentés).

Les sujets les plus « à risque» (qui peuvent être n’importe qui compte tenu de la sensibilité individuelle) auront par la suite également davantage tendance à recourir à l’alcool  pour résoudre leurs difficultés (anxiété, affects dépressifs, isolement social…). On ne peut pas flirter avec des alcoolisations massives sans prendre le risque de la dépendance, surtout si l’on a au départ des fragilités biologiques ou psychiques.